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” Je ne lis plus que des livres pour enfants “

Claire Michel

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture.

C’est Claire, de Libre comme Lire, qui s’est lancée la première.

” J’ai toujours aimé lire et pourtant depuis la naissance de mes enfants les livres que j’ai lus en entier se comptent sur les doigts de mes deux mains. La fatigue qui s’accumule, les soirées passées à travailler pour s’avancer un peu, l’attrait ou plutôt l’attraction pour les écrans ont rapidement eu raison de ma motivation.

Je déplore cette situation et ne manque pas d’échafauder des stratégies pour me forcer à lire. J’ai essayé de supprimer les écrans après 20 heures mais la tentation est trop forte. J’ai ouvert un compte Instagram pour documenter nos lectures familiales et embarquer mes proches dans mon projet de reconquête. J’en suis à 4 publications !…

Je parle de livres sérieux bien sûr. Des livres de 150 pages au moins, sans image, publiés par une maison d’édition reconnue, des livres qu’on trouve rangés dans le rayon « romans », dont on pressent que la lecture nous rendra plus intelligent, plus cultivé, fier même, des livres intéressants, qui font voyager, qui font réfléchir, des livres qui viendront compléter les rayonnages de la bibliothèque comme la preuve d’une vie bien vécue.

Je ne parle pas des livres pour enfants donc.

Parce que des livres pour enfants sinon, j’en lis des caisses. J’en lis de toutes sortes : des livres d’images, des contes, des histoires drôles, des histoires tristes, des livres-objets, des livres d’art aussi, des livres en cartons, en papier, en plastique même, des livres qui font de la musique, d’autres des caresses, des livres qui piquent, qui râpent, qui grattent. J’en lis au moins 3 par jour, ça en fait 1095 par an – avec quelques redites bien sûr.

Je dois reconnaître que j’ai appris pas mal de choses : je suis incollable sur l’équipement des pompiers, je sais reconnaître quasiment tous les engins de chantier. Facile. Malheureusement mes enfants ont du mal à accrocher avec la botanique, j’ai toujours voulu connaître le nom des arbres et des fleurs. L’aîné n’a que 4 ans, tout reste possible.

Je me rends compte qu’il y a des livres que j’apprécie réellement pour la qualité de l’écriture : la fluidité des phrases qu’on apprécie particulièrement à voix haute, le rythme des pages qu’on tourne plus ou moins vite, les assonances même et autres figures de style que je ne sais plus nommer, et puis les dessins forcément dont je profite un peu moins tant je suis concentrée sur ma diction.

J’ai eu de belles émotions aussi, les livres pour enfants abordent avec beaucoup de délicatesse les grands moments de la vie. Il y a tant de niveaux de lecture possibles. Certaines histoires, je les vis tellement intensément que j’en pleure parfois. Et mon enfant de dire : « T’inquiète pas maman, il est pas méchant. ».

C’est la magie de la lecture à voix haute, l’échange, le partage des émotions. Quel plaisir de refermer un livre et de voir dans le regard de son enfant ce qu’il emporte d’une histoire pour venir nourrir son imaginaire et façonner sa compréhension du monde !

Cela faisait bien longtemps que j’avais délaissé les livres en fait. Et si je n’avais pas déjà entrepris cette longue reconquête ? “

Claire, membre de Libre comme Lire

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