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Lire pour respirer

Juliette Campagne

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture.

Aujourd’hui, c’est au tour de Juliette Campagne, grande dame de la lecture à voix haute, membre fondatrice de Libre comme Lire, .

« Par où pouvons nous trouver le souffle pour respirer ? Dans l’art, la littérature, la musique…partout où l’esprit se manifeste sans protection. »  Marie Balmary

 Les livres qui m’ont « appris » à lire – non pas « appris » techniquement mais qui ont donné sens et saveur à mes lectures – parlaient d’enfants qui affrontaient des épreuves douloureuses avec vaillance et détermination.

 Je suis entrée toute petite dans la littérature, accompagnée par Oliver Twist et le Rémi de Sans famille, héros de mon enfance qui m’ont aidée à vivre. Plus tard c’est la littérature d’enfance, selon l’expression du philosophe Roger Dadoun, qui portera, après des années d’errance, le désir de transmettre à d’autres ce que je reçus en héritage. Et l’ardeur avec laquelle j’ai lu et lis toujours à des enfants et à des adultes n’est pas sans rapport avec mes lectures d’enfance.

Cette littérature, comme toute littérature, est une forme donnée à des émotions, des sensations, des peurs, des joies…Elle est transmission d’histoires, de mythes, de poésie et riche de grands auteurs et illustrateurs. Elle prend les enfants au sérieux en leur donnant à penser, mais aussi à voir grâce à la beauté des images, parfois délicate, parfois teintée d’humour, et surtout elle fait place à l’énigmatique, au mystère pour que nous qui lisons à voix haute puissions en supporter de multiples lectures, des « encore » insatiables. C’est une littérature qui fait le pari de la complexité en jouant subtilement avec le cadre, le format, la typographie. Pour toutes ces raisons elle subvertit les genres et se moque des âges de la vie.
Elzbieta, une très grande artiste, disparue il y a peu, écrit : « Avant de devenir adulte, chacun de nous, sans exception aucune, a été un enfant. Pourquoi l’avoir oublié ? ». Cette artiste, comme d’autres, grâce à la sensibilité qu’elle a de l’univers de l’enfant me touche, moi qui lis énormément de livres pour « adultes » et je fais le pari que ce qui m’émeut peut aussi émouvoir d’autres adultes quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.

J’aime  cette citation de Victor Hugo dans Les Misérables, « Apprendre à lire, c’est allumer du feu. Chaque syllabe épelée étincelle ».

En savoir un peu plus sur Juliette Campagne, et sur l’association qu’elle a fondée, Lis avec Moi, pour partager la lecture à voix haute.

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