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“Lire tout, tout le temps et partout !”

Domitille Gobbo

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture. 

Aujourd’hui, c’est au tour de Domitille Gobbo, membre enthousiaste de Libre comme Lire.

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours lu… enfin c’est le sentiment un peu étrange qui m’habite à la rédaction de ce petit article.

Bien entendu je sais qu’il a fallu passer par les rouages de l’école pour que ces signes cabalistiques deviennent des syllabes puis des mots, des phrases et enfin ces histoires qui m’ont emmenée sur les traces de tous ces personnages qui accompagnent depuis mes jours et mes nuits !

Mais ce sentiment très fort me vient surtout de mon grand-père, lecteur passionné, qui avec sa voix douce et son profil à la Sidney Poitier, m’entraînait sur les traces d’Ésope et de Jean de la Fontaine alors que je n’étais encore qu’une toute petite fille.

Ses lectures rythmées, presque théâtrales, de ces textes plaqués sur le papier, que j’apprenais à écouter, m’ont donné envie de développer ce pouvoir qui me permettrait de les poursuivre par moi-même ! De découvrir les (res)sorts presque magiques que ces assemblages de signes créaient, de permettre à ces images immatérielles qui fusaient dans mon petit cerveau de naître sans devoir attendre la prochaine visite à Bon-Papa Joseph… 

Alors la marmite s’est ouverte devant moi et j’y ai plongé avec volupté et boulimie sans jamais plus vouloir la quitter.

Et j’ai lu, j’ai lu de tout, partout et tout le temps. Enchaînant les classiques à l’âge où l’on se doit de les détester, j’ai découvert le précieux en suivant Dante dans les dédales infernales, dévoré les bluettes sans consistance mais pleines de plaisir, lu et relu en une nuit, à en avoir des siestes coupables en cours, des bouquins cornés que je traîne encore en moi après toutes ces années, fait ouvrir des armoires supplémentaires dans la petite bibliothèque de mon collège car celle dans laquelle j’avais le droit de fouiller n’avait plus d’autre secret pour moi que les grains de poussière derrière le dernier rayonnage….

Et puis l’âge adulte est arrivé avec son temps qui court et son lot de responsabilités… la responsabilité de transmettre à mes propres enfants ce que Bon-Papa Joseph m’avait offert, pour leur permettre, à leur tour, de découvrir les plaisirs insondables des mots qui deviennent des images…

Comme Juliette Noureddine a réussi à l’illustrer à la perfection dans cette magnifique chanson que je vous laisse découvrir ici : https://youtu.be/HWvA1kXR7gc

En savoir un peu plus sur Domitille – Participer au concours de photos initié par Domitille

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Lire pour respirer

Juliette Campagne

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture.

Aujourd’hui, c’est au tour de Juliette Campagne, grande dame de la lecture à voix haute, membre fondatrice de Libre comme Lire, .

« Par où pouvons nous trouver le souffle pour respirer ? Dans l’art, la littérature, la musique…partout où l’esprit se manifeste sans protection. »  Marie Balmary

 Les livres qui m’ont « appris » à lire – non pas « appris » techniquement mais qui ont donné sens et saveur à mes lectures – parlaient d’enfants qui affrontaient des épreuves douloureuses avec vaillance et détermination.

 Je suis entrée toute petite dans la littérature, accompagnée par Oliver Twist et le Rémi de Sans famille, héros de mon enfance qui m’ont aidée à vivre. Plus tard c’est la littérature d’enfance, selon l’expression du philosophe Roger Dadoun, qui portera, après des années d’errance, le désir de transmettre à d’autres ce que je reçus en héritage. Et l’ardeur avec laquelle j’ai lu et lis toujours à des enfants et à des adultes n’est pas sans rapport avec mes lectures d’enfance.

Cette littérature, comme toute littérature, est une forme donnée à des émotions, des sensations, des peurs, des joies…Elle est transmission d’histoires, de mythes, de poésie et riche de grands auteurs et illustrateurs. Elle prend les enfants au sérieux en leur donnant à penser, mais aussi à voir grâce à la beauté des images, parfois délicate, parfois teintée d’humour, et surtout elle fait place à l’énigmatique, au mystère pour que nous qui lisons à voix haute puissions en supporter de multiples lectures, des « encore » insatiables. C’est une littérature qui fait le pari de la complexité en jouant subtilement avec le cadre, le format, la typographie. Pour toutes ces raisons elle subvertit les genres et se moque des âges de la vie.
Elzbieta, une très grande artiste, disparue il y a peu, écrit : « Avant de devenir adulte, chacun de nous, sans exception aucune, a été un enfant. Pourquoi l’avoir oublié ? ». Cette artiste, comme d’autres, grâce à la sensibilité qu’elle a de l’univers de l’enfant me touche, moi qui lis énormément de livres pour « adultes » et je fais le pari que ce qui m’émeut peut aussi émouvoir d’autres adultes quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.

J’aime  cette citation de Victor Hugo dans Les Misérables, « Apprendre à lire, c’est allumer du feu. Chaque syllabe épelée étincelle ».

En savoir un peu plus sur Juliette Campagne, et sur l’association qu’elle a fondée, Lis avec Moi, pour partager la lecture à voix haute.

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” co-LECTIF ” multiplie les actions autour de la lecture à Pontault-Combault

Il y a mille et une façons de promouvoir la lecture, et chaque association privilégie une entrée spécifique. Libre comme Lire est fière de porter cette diversité ! Avec co-LECTIF, nous rejoint une association qui a fait de sa ville son terrain d’action.

Mots et Merveilles réapprend à lire aux personnes illettrées et Lire pour Vivre fait de l’alphabétisation pour les personnes d’origine étrangère ; Lis avec Moi promeut la lecture à voix haute pour tous les publics et Perluette travaille la littérature jeunesse sous toutes ses formes ; les clubs Coup de pouce CLÉ s’adressent aux petits élèves de CP en difficulté et la Bibliothèque sonore permet à ceux qui ne peuvent lire d’entendre les lectures ; enfin, Lire et faire lire 31 défend le lien intergénérationnel à travers la lecture partagée : chaque association a son public, son mode d’action, son objectif…

L’entrée de l’association co-LECTIF, Ensemble pour la lecture, c’est une ville : Pontault-Combault, en Seine et Marne. Sur cette ville, la jeune association créée en 2018 seulement, portée par le dynamisme de ses adhérents, multiplie les actions autour de la lecture. Lecture partagée avec les personnes âgées dans les EHPAD, les enfants dans les écoles, les centres de loisirs ou la bibliothèque, ou les personnes non-francophones en ateliers d’alphabétisation ; mise à disposition de livres pour les passants dans la rue avec les Boîtes à livres, sensibilisation des parents de tout jeunes enfants à l’intérêt de la lecture en famille ; l’été co-LECTIF propose aux habitants de Pontault-Combault-Combault de Partir en livre, la nuit de plonger dans la Nuit de la lecture, et un week-end par mois de participer à diverses manifestations de Ma Ville aime la lecture… Bref, grâce à ce co-LECTIF, à Pontault-Combault-Combault, les livres et la lecture sont partout, pour tous, tout le temps.

Petit territoire, grande concentration d’actions de lecture : voilà sans doute une des meilleures pistes pour “accrocher” durablement tous les publics à la lecture. Parce qu’on le sait bien : parmi les ressorts de la motivation figurent en bonne place le sentiment d’appartenance à un groupe (de lecteurs) et le sentiment de la valeur d’une activité (la lecture), mise en évidence par l’intérêt toujours renouvelé que d’autres lui portent, et le plaisir personnel qu’on y prend, d’expérience en expérience, avec les uns, et les autres…

Vous l’avez compris : à Libre comme Lire, nous sommes ravis d’accueillir co-LECTIF et nous espérons travailler longtemps ensemble, pour la lecture.

Découvrir co-LECTIF sur Libre comme Lire – Soutenir Libre comme Lire – Découvrir le projet de Libre comme Lire

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Vous pouvez désormais faire vos dons à Libre comme Lire

Libre comme Lire s’est donné pour vocation d’aider les associations de promotion de la lecture à récolter plus facilement des dons, afin qu’elles puissent se concentrer sur leurs actions et les déployer. Mais pour pouvoir avancer dans cette démarche, notre toute jeune association a besoin d’un peu d’aide financière !

Les actions accomplies en 6 mois

Cela fait maintenant quelque six mois que nous avons démarré ce projet, entièrement sur notre temps et nos deniers personnels. Mais la débrouille a des limites et aujourd’hui nous avons besoin d’un peu plus de moyens pour continuer à avancer, bien que le chemin parcouru soit déjà éloquent :

  • Six associations sont d’ores et déjà présentes sur notre site, six sont en cours d’ajout, plusieurs autres finissent leur dossier de candidature.
  • Un premier site (celui sur lequel vous surfez) a été mis en ligne et continue d’évoluer peu à peu. Le plus gros chantier en cours est désormais de permettre les dons pour toutes les associations. Nous espérons pouvoir enfin proposer cette fonctionnalité stratégique à partir de la rentrée de septembre.
  • L’équipe s’est étoffée : les 4 fondateurs ont été rejoints par un véritable comité de validation et plusieurs bénévoles. Et ça n’est pas fini !
  • Un concours photo a été lancé afin de faire connaître mieux Libre comme Lire.
  • Libre comme Lire est désormais présente sur Facebook, Instagram, Twitter et LinkedIn

À quoi vont nous servir vos dons ?

Un de nos premiers soucis, et le souci de toutes les associations à but caritatif, est la transparence. Aussi est-il important pour nous de pouvoir vous indiquer à quoi serviront vos dons.

  1. Essentiellement à développer plus vite notre plateforme. Nos connaissances techniques sont limitées et nous avons besoin de pouvoir rémunérer de vrais experts pour implémenter des fonctionnalités de plus en plus complexes.
  2. À pouvoir effectuer de petits achats : pour des démarches administratives, financer partiellement des opérations de communication, etc.

Donner oui, mais aider aussi

Les bras (et les cerveaux !) sont aussi les bienvenus. Nous recherchons encore des compétences qui pourraient nous permettre d’accélérer. Notamment :

  • un ou des bénévole(s) pour prospecter les entreprises mécènes
  • un ou des bénévole(s) pour améliorer le référencement naturel de notre site
  • un bénévole pour la RGPD
  • des personnes qui pourraient faire connaître Libre comme Lire à leurs réseaux

Si vous êtes, vous aussi, sensible à la cause que nous défendons, n’hésitez pas à venir en discuter avec nous. Nous serons ravis de vous écouter.

Vous êtes mécènes ?

Vous représentez une grande entreprise ? Vous êtes responsable RSE ? Vous pratiquez le mécénat ? Nous avons aussi besoin de votre soutien. Envoyez-nous un message et nous reviendrons vers vous rapidement.

Nous faire un don

Rien de plus simple désormais. Nous avons créé une page “Nous soutenir” sur laquelle vous pouvez choisir le montant de votre don et payer en CB.

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Apprendre à Lire pour Vivre : une évidence pour Libre comme Lire

Que la lecture soit une compensante indispensable d’une vie pleinement vécue, c’est une évidence pour Libre comme Lire. C’est pourquoi, nous sommes très heureux d’accueillir cette nouvelle association au nom si évocateur : Lire pour Vivre.

Lire pour Vivre est notre première association d’alphabétisation. De quoi s’agit-il ? Anne-Marie Damiens, une de nos amies engagées de longue date dans ce travail, nous l’explique.

” Enseigner le français (aux migrants et immigrés de plus longue date, aux illettrés), c’est lutter contre les discriminations et œuvrer en faveur de l’égalité des chances auprès de personnes qui souhaitent s’engager dans la vie et faire partie de la société, c’est donner les clés d’accès aux bases linguistique, administrative, culturelle et sociales françaises à des publics en grande difficulté.

Jour après jour des associations s’engagent et travaillent pour aider les migrants et les immigrés de plus longue date, mais aussi les français qui ne possèdent pas les clés de leur langue maternelle. 

Par le biais de l’apprentissage de la langue, elles leur apprennent à résoudre les problèmes de la vie quotidienne : trouver un travail, un logement, devenir autonomes dans leurs démarches administratives, leur vie professionnelle, leur quotidien… 

Mais ces associations donnent plus que les bases indispensables du français pour une intégration citoyenne !

Jour après jour, salariés et bénévoles se dévouent et donnent de leur temps sans compter, animés par la joie d’être à la disposition d’une cause utile.

Quand on a fui la guerre, la dictature, la famine, quand on vit dans la pauvreté et l’ignorance, les cours de français, c’est plus que de simples cours. Ce sont des moments de solidarité, de pratique qui permettent de se débrouiller, de se sentir mieux, d’avancer, c’est aussi le moyen de communiquer, de se faire des amis, se sentir comme les autres…

Parce que sans parler, lire et écrire la langue du pays dans lequel on vit, il est impossible de se sentir intégré : comment se construire puis s’intégrer sans cet outil fondamental qu’est la langue ? “

Découvrir l’association Lire pour Vivre – Découvrir le projet de Libre comme Lire

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Comment j’ai aimé lire

Olivier Sauvage
Olivier Sauvage

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Olivier Sauvage, co-fondateur de Libre comme Lire.

Mon premier souvenir de lecture, je crois, était celui-ci.

J’étais malade et mes parents m’avaient mis dans leur lit, sous une couette blanche comme de la neige, dans leur grande chambre bleue, et mon père, pour m’occuper m’avait sorti un album de Tintin : l’Île Noire. Une vieille édition qu’il avait lui même reçue de son père, pendant son enfance. C’était un dimanche matin. Tout était calme, tranquille, apaisant.

Chaque case, chaque page, chaque ligne, chaque trait, chaque mot, était un moment de bonheur et d’excitation. Je ne sais pas si j’y comprenais grand chose. Et, en vérité, je ne sais pas si je savais vraiment lire. Mais la force des dessins nets et précis d’Hergé, l’expressivité de ses personnages, Tintin, le Capitaine Haddock, des onomatopées dans les phylactères, le rythme des cases, tout me fascina, me plongea au cœur de l’histoire, sans qu’il me soit même nécessaire de comprendre les textes. C’était comme du théâtre muet, un ballet de petits personnages, s’agitant en tout sens, bondissant, criant, éructant, se bagarrant, me captivant, m’emportant dans les nuées pendant un temps qui me parut à la fois infiniment long et à la fois infiniment trop court, tant j’avais envie que ça continue, encore et encore, encore et toujours. À la fin de la lecture, j’en redemandais encore. Comme à la descente d’une attraction de fête foraine dont on sort un peu groggy, et dont on voudrait bien refaire un tour.

Ai-je inventé ce souvenir ?

Mon plaisir de lire est-il vraiment né de ce matin là ?

Impossible à savoir. Il faudrait m’ouvrir le cerveau et regarder dedans pour s’en assurer.

J’aime à me dire, en tout cas, que ce fut le point de départ, le moment zéro, d’une activité qui ne m’a jamais quitté. Et que je n’ai jamais cessé de renouveler. De la BD au roman, à l’essai historique, au livre de sciences, au recueil de nouvelles, au pensum en économie, jusqu’aux petits pamphlets brochés que l’on trouve parfois en librairie. Et puis aussi surtout, l’actualité, la presse quotidienne et magazine, les news, les journaux que je dévore quotidiennement…

J’ai aimé lire, je crois, parce que l’évocation des mots me faisait plus vibrer et me sentir bien que la fréquentation de mes camarades. Seul, je m’évadais à l’intérieur d’innombrables aventures, d’innombrables héros, d’innombrables univers lointains, et cela me rendait plus heureux, toujours, que les relations avec les autres. Cela m’était plus facile, plus simple, mieux, en quelque sorte, que la vie. Nourrissait plus mon imagination affamée d’extraordinaire.

Aujourd’hui, mon temps de lecture est largement absorbé par les écrans. Je lis de moins en moins de livres. Plus aucun magazine ou journal sur papier. D’une certaine manière, à mon grand dépit. Parce que, professionnel du monde numérique, je sais quelles destructions il cause à notre capacité de concentration et d’apprentissage. Et ce qu’il nous fait perdre en sérénité. La lecture sur papier instaure une relation si particulière avec les mots, si nourrissante pour l’esprit, que même les technologies actuelles ne savent dépasser.

Cela ne change rien à mon plaisir, mais le divertit un peu trop pour des choses de pacotilles, de l’éphémère sans importance, une nuée chronophage d’inputs. C’est un nouveau défi pour mon cerveau. Apprendre à maîtriser ce flux, et à le dompter, pour en faire un allié puissant et précieux, comme les livres l’ont été dans ma vie. Et comme ils recommencent à l’être aujourd’hui…

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La Bibliothèque Sonore de Lille commence à donner de la voix sur Libre comme Lire

Comment accéder à la lecture quand on est aveugle, malvoyant, ou porteur de troubles “Dys” ? Depuis 1972, les bénévoles des Bibliothèques Sonores enregistrent et diffusent des livres audio et autres documents sonores. L’aventure a commencé à Lille avant s’étendre dans toute la France. Libre comme Lire est très heureuse d’accueillir les Donneurs de Voix et les Donneurs de Temps de cette association historique. C’est notre première association apportant la lecture à des personnes handicapées, gageons qu’elle ouvrira la voie à d’autres.

Découvrir la Bibliothèque Sonore de Lille sur Libre comme Lire

Découvrir le projet de Libre comme Lire

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#monlivrepartenvacances : le concours de l’été

L’année se termine… et quelle année ! Vacances, j’oublie tout… tout ? Non, sûrement pas ces 10 bouquins qui traînent sur la table basse et que j’ai mis de côté pour les dévorer quand le temps sera plus doux, plus calme, plus propice…

Livre en vacance

Et c’est bien de ces livres, romans, bd, mangas, albums… dont nous venons vous parler aujourd’hui ! Celui que vous n’allez pas oublier de glisser entre la serviette de plage et le maillot de bain du petit dernier, celui qui va vous accompagner partout, parfois en rappelant sa présence contre votre hanche, car laissé au fond d’un sac, parfois empli de sable en guise de marque page, parfois corné, mais tellement aimé par tous ceux à qui vous l’avez prêté avant de pouvoir vous-même le dévorer…

C’est cette lecture que nous vous proposons de mettre en valeur durant tout l’été avec notre petit concours #monlivrepartenvacances

Comment ? en postant, durant tout l’été, vers notre toute nouvelle page Instagram, ou sur Facebook, la photo la plus originale, incongrue, décalée… de ces livres, BD, magazines, album du petit dernier, brochure touristique ou tout autre « chose qui se lit »… que vous aurez réalisée durant vos vacances !

Pourquoi ? mieux faire connaitre l’association Libre comme Lire et constituer, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, une communauté qui puisse relayer et faire connaitre notre projet !

Concours, vous avez dit concours ?

Les participants sont invités à poster du 14 juillet au 26 août 2021 une ou plusieurs photos de leurs lectures depuis leur lieu de vacances. Les photos devront être postées sur Instagram ou sur Facebook, avec le hastag #monlivrepartenvacances en mentionnant le compte officiel de l’association @librecommelire. Pour valider sa participation, il faudra nous suivre sur le réseau social de son choix.

Les photos collectées sur les comptes réseaux sociaux de l’association seront soumises à un vote par des membres actifs de l’association début septembre pour désigner le ou la gagnant(e).

Le ou la gagnant(e) recevra une enveloppe dotation* de 500€ à dépenser exclusivement sur le site https://librecommelire.fr pour financer une action ou une association (ou plusieurs !) référencée sur le site.

*Cette dotation ne pourra en aucun cas donner droit à une attestation fiscale pour réduction d’impôt ou être échangée contre sa valeur en espèces ou contre toute autre dotation.

Alors à vos livres, téléphones et #, et à très bientôt sur les réseaux !

Bonnes vacances !


Télécharger le règlement du concours

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” Je ne lis plus que des livres pour enfants “

Claire Michel

Nous avons eu envie de demander à chacun des membres de Libre comme Lire ou de nos associations partenaires de partager avec vous tous son rapport à la lecture.

C’est Claire, de Libre comme Lire, qui s’est lancée la première.

” J’ai toujours aimé lire et pourtant depuis la naissance de mes enfants les livres que j’ai lus en entier se comptent sur les doigts de mes deux mains. La fatigue qui s’accumule, les soirées passées à travailler pour s’avancer un peu, l’attrait ou plutôt l’attraction pour les écrans ont rapidement eu raison de ma motivation.

Je déplore cette situation et ne manque pas d’échafauder des stratégies pour me forcer à lire. J’ai essayé de supprimer les écrans après 20 heures mais la tentation est trop forte. J’ai ouvert un compte Instagram pour documenter nos lectures familiales et embarquer mes proches dans mon projet de reconquête. J’en suis à 4 publications !…

Je parle de livres sérieux bien sûr. Des livres de 150 pages au moins, sans image, publiés par une maison d’édition reconnue, des livres qu’on trouve rangés dans le rayon « romans », dont on pressent que la lecture nous rendra plus intelligent, plus cultivé, fier même, des livres intéressants, qui font voyager, qui font réfléchir, des livres qui viendront compléter les rayonnages de la bibliothèque comme la preuve d’une vie bien vécue.

Je ne parle pas des livres pour enfants donc.

Parce que des livres pour enfants sinon, j’en lis des caisses. J’en lis de toutes sortes : des livres d’images, des contes, des histoires drôles, des histoires tristes, des livres-objets, des livres d’art aussi, des livres en cartons, en papier, en plastique même, des livres qui font de la musique, d’autres des caresses, des livres qui piquent, qui râpent, qui grattent. J’en lis au moins 3 par jour, ça en fait 1095 par an – avec quelques redites bien sûr.

Je dois reconnaître que j’ai appris pas mal de choses : je suis incollable sur l’équipement des pompiers, je sais reconnaître quasiment tous les engins de chantier. Facile. Malheureusement mes enfants ont du mal à accrocher avec la botanique, j’ai toujours voulu connaître le nom des arbres et des fleurs. L’aîné n’a que 4 ans, tout reste possible.

Je me rends compte qu’il y a des livres que j’apprécie réellement pour la qualité de l’écriture : la fluidité des phrases qu’on apprécie particulièrement à voix haute, le rythme des pages qu’on tourne plus ou moins vite, les assonances même et autres figures de style que je ne sais plus nommer, et puis les dessins forcément dont je profite un peu moins tant je suis concentrée sur ma diction.

J’ai eu de belles émotions aussi, les livres pour enfants abordent avec beaucoup de délicatesse les grands moments de la vie. Il y a tant de niveaux de lecture possibles. Certaines histoires, je les vis tellement intensément que j’en pleure parfois. Et mon enfant de dire : « T’inquiète pas maman, il est pas méchant. ».

C’est la magie de la lecture à voix haute, l’échange, le partage des émotions. Quel plaisir de refermer un livre et de voir dans le regard de son enfant ce qu’il emporte d’une histoire pour venir nourrir son imaginaire et façonner sa compréhension du monde !

Cela faisait bien longtemps que j’avais délaissé les livres en fait. Et si je n’avais pas déjà entrepris cette longue reconquête ? “

Claire, membre de Libre comme Lire

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Lis avec Moi, le début de l’histoire

Il y a plus de quarante ans, Juliette Campagne, fondatrice de Lis avec Moi, a écrit le début d’une très belle histoire de la lecture à voix haute, dans le Nord-Pas-de-Calais puis dans toute la France. Et c’est dans le prolongement de cette aventure qu’est née celle de Libre comme Lire. C’est pourquoi nous vous présentons cette association pionnière avec une émotion toute particulière.

Et laissons Juliette vous raconter elle-même cette belle histoire.

« Dans les années 1980 naissent des actions de lecture à voix haute auprès des petits et de leurs familles : travail de pionniers que l’on va retrouver dans d’autres régions, et qui sera très vite soutenu par les institutions. Au niveau national des enquêtes révèlent des chiffres alarmants concernant le taux d’illettrisme. Face à cela la Direction du Livre et de la lecture s’engage dès cette période dans une politique de prévention culturelle en direction de la petite enfance. En 1989 le Ministère de la culture et le Ministère des Affaires sociales et de la Solidarité décident de mettre en place une politique commune d’éveil culturel et artistique du jeune enfant. L’année suivante, un autre protocole d’accord est signé entre le Ministère de la Culture et le ministère de la justice pour lutter contre les exclusions en assurant la rencontre entre un public en difficulté et le champs culturel dans son ensemble.

A la même époque, des psychanalystes vont faire de la lutte contre les exclusions culturelles un combat prioritaire, et vont fonder l’association A.C.C.E.S. (Actions Culturelles Contre les Exclusions et les Ségrégations.) Déjà dès les années 1960, ATD Quart-Monde défend le droit à la culture pour tous et crée les premières bibliothèques de rue. 

Depuis plus de 35 ans associations, collectivités locales, structures de toute nature ont développé de multiples actions de lecture à voix haute. Des lecteurs vont à la rencontre des bébés et de leurs parents et proposent des moments de lecture pour répondre au besoin qu’ont les tout-petits d’échanges, de signes et de paroles qui vont lui permettre d’exister en tant que personne. La disponibilité de l’adulte participe à l’intérêt de l’enfant pour le livre. Le moment de partage est une expérience importante. Le plaisir qu’a l’enfant à regarder et écouter rejaillit sur le parent ; d’où l’importance de lire en sa présence pour qu’il découvre et s’émerveille des potentialités extraordinaire de son enfant. Il s’agit pour l’essentiel de lutter contre un déterminisme social, source de tant d’inégalités. Certains enfants parlent comme dans les livres, d’autres, beaucoup d’autres, sont démunis, privés d’accès au symbolique, à l’imaginaire.

Sans nier l’importance de la langue du quotidien, marquée par l’utilitaire et le factuel, néanmoins porteuse d’émotion mais pauvre en syntaxe avec une dominante de l’impératif, l’accès à la littérature est une priorité culturelle dont l’essentiel est que les textes écrits ont un sens, une multitude de sens. Face à l’appauvrissement du vocabulaire et de la syntaxe chez un grand nombre d’enfants au point que certains albums et de longues histoires leur sont inaccessibles, enseignants, bibliothécaires et lecteurs ont à cœur de transmettre à travers la lecture à voix haute une langue riche en trouvailles linguistiques et esthétiques. Les difficultés en lecture sont dues trop souvent à des déficits au niveau du langage. D’où l’importance de nourrir les enfants dès le plus jeune âge et avant l’école maternelle de lectures d’albums riches de poésie et d’humour avec une grande diversité de niveaux de langues qui vont les soutenir et les encourager dans les apprentissages.

De nombreux relais professionnels et bénévoles assurent une continuité avec beaucoup de vaillance  et d’humilité, trop sans doute ! Et pourtant nous savons que les enfants nourris d’histoires apprennent pour la plupart à lire sans difficultés. Nous avons appris aussi  grâce à l’apport des neuro sciences et de la neuro image en particulier, que chez le tout-petit à qui on lit des histoires, l’activation neuronale est plus élevée dans une zone très localisée de l’hémisphère gauche du cerveau. Et c’est cette zone précisément qui est sollicitée quand l’enfant apprend à lire.

En 2004 Lis avec moi  au sein de l’Association départementale du Nord et d’autres associations pionnières vont créer l’agence nationale « Quand les livres relient » sous l’impulsion de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture. Son objectif est de partager un engagement et une réflexion sur les pratiques de lecture à voix haute, essentiellement à partir d’albums, ou «  littérature d’enfance ».

Associer temps de lecture et formation, effectuer des allers et retours entre théorie et pratique, découvrir, porter un regard critique et échanger sur la littérature d’enfance, se former à la lecture à voix haute, ces temps de questionnement permettent de créer des situations de lecture susceptibles d’émouvoir enfants et adultes les plus éloignés des livres.

Si la lecture à voix haute a été longtemps une activité privée, les lecteurs lisent maintenant dans les lieux les plus insolites, à des personnes de tous âges, des bébés aux personnes âgées. Et également à des enfants et adultes en difficulté avec la lecture et l’écriture. A ceux-là les lecteurs vont proposer d’aller lire à d’autres mais il leur faudra travailler le choix des livres et leur analyse pour mieux les comprendre et aussi d’aborder la lecture à voix haute de façon plus sensible en travaillant la ponctuation et l’interprétation. Il s’agit de faire de belles lectures aux enfants comme aux personnes âgées. 

La lecture est souvent considérée comme un exercice solitaire et silencieux alors que la lecture à voix haute s’adresse à l’autre, grâce à une mise en voix d’un texte écrit, immuable, une œuvre à part entière. La particularité de l’album est  de proposer à la fois des histoires mais aussi des images qui sont comme une initiation à l’art .Le rapport texte-image ajoute à la lecture une autre complexité et une richesse d’interprétation.

 Certains albums se prêtent à une lecture délicate, intime, d’autres nécessitent une lecture plus engagée, non pas une lecture théâtrale ou déclamatoire mais une lecture capable d’exprimer toutes les nuances des émotions ressenties, une lecture qui se prête au jeu, et donne une résonnance au texte sans le gorger d’une trop grande présence  

Les besoins restent immenses, les difficultés des publics et le taux d’illettrisme toujours terriblement actuels mais les nombreux effets repérés (passion des petits pour les livres, réconciliation des enfants et des adultes avec l’écrit) nous imposent de poursuivre ce travail modeste mais indispensable et riche d’humanité. » 

C’est parce que nous avons bénéficié du travail très riche de Lis avec Moi mais aussi perçu ses difficultés, parfois, de financement, que nous avons créé Libre comme Lire : pour soutenir toutes les associations qui, comme Lis avec Moi, partagent avec tous le trésor de la lecture, avec générosité et exigence. Alors, merci à Juliette et à Lis avec Moi pour cette impulsion. Puisse-t-elle emporter loin Libre comme Lire et toutes les associations soutenues !

Découvrir l’association Lis avec Moi sur Libre comme Lire

Découvrir comment Lis avec Moi a été à l’origine, sans le savoir, du projet de Libre comme Lire